
Si les besoins pouvaient parler,
Ils diraient
À celui qui les porte
« Ne me jette pas dans les bras
De n’importe qui,
Respecte-moi,
Écoute-moi avant. »
Jacques Salomé
Il existe de nombreux ouvrages traitant du massage, du toucher
massage. Beaucoup sont rédigés par des kinésithérapeutes, des
spécialistes du massage.
Je ne veux pas parler dans cet ouvrage du massage médical
réservé aux kinésithérapeutes, mais bien du toucher relationnel
que les soignants peuvent mettre en pratique tous les jours au
cours d’un soin ou lors d’un moment d’échange privilégié avec
le patient.
Les infi rmières, les aides-soignantes au cœur des soins, au
corps à corps avec les malades, ne s’autorisent que rarement la
pratique du toucher massage, car il est usuel de dire que cela
dépasse leurs compétences.
Qui, plus que cette catégorie de professionnels, se trouve
quotidiennement au corps à corps avec les personnes
hospitalisées, que ce soient des adultes, des enfants ou des
personnes âgées ?
Certains étudiants disent fréquemment qu’il n’est pas possible
dans les services de prendre le temps de masser un patient et
que, de toute façon, cela ne relève pas de leurs compétences.
Le toucher relationnel au cœur des soins
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Or, chaque soin amène les infi rmières, les aides-soignantes à
toucher l’autre et donc à être touchées.
Les infi rmières ont un rôle propre, qui leur permet de mettre en
œuvre les moyens nécessaires pour l’entretien et la continuité
de la vie.
Les soins relevant de ce rôle propre et défi nissant la spécifi cité
et le savoir de l’infi rmière sont dévalorisés, ignorés au profi t
des soins techniques, alors qu’ils conditionnent la réussite des
autres soins.
Ces soins ne sont pas quantifi és, évalués...
Actuellement, on juge la qualité infi rmière par rapport à
une collection de résultats. Il est dommage de constater que
l’ensemble des soins infi rmiers effectués au quotidien ne sont
pas retenus comme étant nécessaires car ils ne répondent pas à
des complications.
Les soins relevant du rôle propre sont le support d’une
construction, d’un accompagnement de projet de vie pour la
personne malade. Ils ne peuvent pas être dissociés des soins
techniques et, bien associés, ils peuvent même permettre une
diminution du temps d’hospitalisation.
Le toucher relationnel fait partie de ces soins relevant de notre
rôle propre infi rmier.
Chaque infi rmière a le devoir de connaître parfaitement le
décret de compétence du 29 juillet 2004 qui abroge celui du
11 février 2002. Ce nouveau décret réaffi rme le rôle central de
l’infi rmière dans le cadre d’une prise en charge globale du patient
par une équipe pluridisciplinaire, ainsi que les nombreux actes
et soins relevant de son rôle propre.
L’objectif de cet ouvrage est de partager avec les professionnels
et futurs professionnels mon expérience d’infi rmière pour
laquelle je mets tous les jours en pratique des techniques simples
de toucher, de relaxation, associées à la relation d’aide.
Cette façon de travailler peut s’appliquer dans tous les services ;
c’est avant tout une philosophie de soins qui se développe en
rapport avec nos valeurs professionnelles et éthiques, dans le
plus grand respect de soi et de l’autre, dans le savoir-faire et le
savoir-être.